i’m a Freak of nature

Je, n’ai jamais été confronté à la normalité. Il ne me manque pas de bras, je n’ai pas deux têtes, mais j’ai toujours été un peu à coté. Être à coté c’est bien, on regarde différemment, mais le problème c’est que l’on vous regarde différemment. Et la ils sont bien plus nombreux. Donc pour moi c’était  une nature. tout était freak, même mes amitiés, une en particulier, ma plus belle amitié, parce que encore plus représentative de ce que j’aspirai à être, à coté. Vous imaginez un ado de 15 ans et une pionne de 25 ans, futur prof. Une vraie amitié, puissante, intellectuelle, effleurée de très très loin par le fait qu’elle était belle (pour moi, mais n’était ce pas tout ça qui la rendait belle), nous étions inséparables, nous voir au collège ne nous suffisait pas, nous nous écrivions tous les jours, nous avions même inventé un alphabet à nous, pour coder nos lettres. Nous avions une admiration mutuelle l’un pour l’autre. Nous sommes même partis en voyage de classe ensemble, 2 fois. C’était fusionnel, je n’arrivai pas à imaginer ma vie sans elle, nous étions semblables dans la différence, enfin quelqu’un qui me comprenait dans cette banlieue anesthésiée. Puis les années ont passées, elle s’est mariée, a eu des enfants, a divorcée. Elle n’est jamais rentrée dans les rangs, a gardé sa voix de petite fille, s’est toujours battue pour ce qu’elle croyait juste, et pour ça je la remercie, je la remercie de ne pas avoir trahie l’adolescent que j’étais, lui avoir montré le chemin, pour lui avoir donné mille fois plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Alors Tout freak que je suis je les repère à 20 bornes, et lorsque une jeune freak est apparue dans ma vie, comme ça, les yeux bleu glace, l’air paumé mais très très intelligente, hyper sensible, je me suis vu. Alors j’ai compris ce que ma pionne préférée avait ressenti, ce qu’elle avait fait, j’ai compris l’importance de mes futurs actes, je n’ai pas refusé l’amitié, je l’ai vécu, clairement et simplement, parce que entre freaks on comprend le bord de la route, et les rencontres sont tellement rares et précieuses qu’on ne les prend pas à la légère. Alors je n’ai pas jugé comme on ne m’avait pas jugé à quinze ans et lorsque je me retourne pour regarder ceux qui continuent à être plus nombreux à nous regarder,  je souris et je repense à la fois ou je les ai présentées l’une à l’autre.

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cuts like a knife

J’aurai parié que ce serait plus long. Que « Nous  » serait un exemple, un cas particulier, le best of the best. J’aurais juré, j’aurais mis ma main au feu, je me serai jeté du haut de la tour Effeil, pour dire à quel point c’était ça, à quel point Hollywood ne nous ment pas, à quel point j’avais eu raison de croire que when harry met sally était trop en dessous de la réalité. Puis inception est arrivé et le rêve s’est terminé. 3 niveaux dans la gueule, 3 réveils, 3 fois la réalité, celle qui dans le reve n’existe pas, n’est même pas mentionnée. Et quand je me suis réveillé pour de vrai (enfin je crois) je ne comprenais plus, il n’y avait plus rien, à l’insu de mon plein gré il ne restait que le vide d’une histoire rêvée, dont la persistance ne dura que quelques heures, le temps d’être happé dans le katrina de la vie. Puis ce fut la gueule de bois, celle des nuits ou tout a été bu avec abus et plus. La culpabilité d’avoir emmené l’autre dans ce saut à l’élastique, d’avoir dit, fais moi confiance je suis là et puis au dernier moment ne pas avoir tendu les bras pour la rattraper alors qu’elle se laissait tomber en arrière le cœur plein d’une confiance absolue. J’ai tué ce qu’il restait de confiance. Je suis recherché dans le monde entier par des mercenaires de la trahison, mais dans une autre dimension, dans mon niveau de réalité celle ou ceux qui se rendent compte même tard de l’erreur qu’ils ont commis peuvent serrer les poings, les dents et dire non. ils peuvent même le dire à l’envers, c’est toujours non. Et quand les larmes coulent le long de leur joue droite parce que l’œil gauche  n’a plus de mer à donner, plus de rêves à rêver ils continuent. Parce que.

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There’s no place like home

N’est ce pas ? qu’est ce qu’on est bien chez soi. Même les rockeurs avides de femelles et de drogues en tous genres sont contents de rentrer à la fin de la tournée, chez eux. Mais c’est quoi finalement cet endroit ? Est ce qu’on meurt si on en a pas ? je devrais poser la question au monsieur qui habite en face de chez moi sur le trottoir. Peut être qu’il se sent chez lui là sur ce bout de rue, peut être qu’il se sent responsable de ce petit bout de Paris. On se le construit, on le loue, on l’achète et on essaye de pas trop bouger parce que sinon c’est plus un home sweet home et qu’en plus ça coute un bras. Même les gens du voyage ont trouvé leur solution, à la manière escargot, tu l’emmène avec toi ta maison remplie de souvenirs, d’objets qui sont des repères. Puis on est censé y vivre des années durant pour cumuler les home points qui nous rendent un peu moins mortels, qui nous font oublier que en plus du tabac la vie tue aussi. Cet endroit qui ne change pas, cette commode avec ces bibelots immuables , qui sont la depuis votre enfance. Un endroit ou l’on se sent rassuré, protégé, ou rien ne peut arriver. Mais est ce que ça existe encore? moi j’en ai  plus d’endroit 100% safe. Chaque année qui passe on se dit que cet endroit aussi rassurant que le ventre de la mère devient aussi menacé que les grottes de lascaut. Maintenant j’me paye des nuits d’hôtel à l’année. Elle me manque cette loge de gardien. cet endroit ou nous étions une famille. J’voudrais des fois faire claquer 3 fois mes vans rouges et me retrouver la bas. there’s no place like home.

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Outshined again.

.Chuck Berry sera à jamais pour moi le symbole de ce lien avec le manque absolu, le refus d’un désir exacerbé. Elle avait hanté toute mon année avec son look de garçon manqué, sa mèche qui cachait la moitié de son visage. je passais mon temps à imaginer ce que j’aurais pu lui dire. Toutes ces choses ultra romantiques. Mais c’était impossible pour moi. ce qui était possible par contre c’était de la faire rire avec mes bêtises de garçon de 11 ans trop gros pas dangereux moulé dans son sweat goldorak et ses pantalons en velours côtelé. Puis le soir cette sensation de dégout qui me montait le long de ma gorge. pourquoi étais-je moi. pourquoi n’étais-je pas l’autre, celui qui accaparait son regard, son attention. Comment résister à l’appel de la mélancolie, comment éviter de ne pas mourir de chagrin, comment ne pas mourir de honte quand au sport vous êtes le dernier à arriver tout essoufflé, trempé, la ventoline à la main. Comment ne pas être un cliché de petit gros renfermé obsédé par la bouffe parce elle au moins ne vous déçois pas, ne vous juge pas et comble le gouffre sans fond qu’est votre envie d’être regardé autrement.Une semaine avant la fin de l’année scolaire alors que j’écoutais  en boucle chagrin d’amour et west side story j’ai réussi à lui parler un peu plus, de musique bien sur, je m’en souviens si bien elle est passé à la loge de gardien de mes parents pour que je lui prête un double album de chuck berry, c’était si intense pour moi, mon cœur battait la chamade, elle est restée cinq minutes, je n’ai pas osé lui proposer de rentrer, elle était là à coté de moi et c’était tout pour moi. Quelques jours plus tard j’apprenais qu’elle allait déménager dans le sud et que nous ne serions pas en cinquième ensemble, cet été de 1980 j’ai perdu 13 kg, grandi de 10 cm, je suis devenu un garçon comme les autres. Enfin presque.

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adore

Être un autre. comme essayer d’être celui qu’on est  dans la vrai vie sobre quand on est bourré, marcher droit, ne pas fixer trois plombes le même point, ne pas pivoter la tête comme le chien qui était posé à l’arrière de ces voitures de notre enfance. Bref c’est pas facile d’etre soi mais pas vraiment. C’est un show permanent, je pense souvent à cette série, Dexter, ce serial killer « gentil » qui est obligé d’être 2 lui. C’est peut être ça la vrai vérité vraie, moi c’est au moins 2. Il y a cette autre vie que je n’ai pas vécu qui a sa petite place dans mon cerveau, je n’arrive pas à m’en débarrasser et bien évidemment elle a des ramifications sans fin. Alors je me fais des petits scénarios, des petites histoires puisqu’il faut continuer à croire. Depuis quelques temps ces vies parallèles ont leur belle place dans mon moi. Je sais c’est pas bien diront les plus conservateurs, mais qu’y puis-je c’est comme ça. Des fois elles me portent ces histoires, et des fois elles me font pleurer, d’autant plus qu’elles se croisent de temps en temps avec la vrai vie vraie. Jamais elles ne voudraient sa place, non. Elles sont bien la ou elles sont.

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SDROW

dire. trop,  pas assez, plein. Dire avant de crever. Dire parce que  la peur d’être ridicule s’évanouit et qu’au bout du compte dire trop c’est mieux que pas assez. Trop de dire tue le dire ? Le dire n’est pas la diarrhée  verbale qu’il peut nous arriver d’avoir des fois. Dire c’est ces choses qui sont importantes et que l’on  ne garde pas pour soi. Dire c’est des fois se répéter mais dire c’est toujours une partie qui se joue à deux. Dire c’est espérer être entendu. Dire c’est respecter l’autre quel que soit le contenu. Dire c’est savoir que l’autre aime s’entendre dire. Dire c’est partager sa peur avec l’autre et la réduire en miettes si possible . Dire c’est une prise de risque qui rend fort. Dire c’est garder le contact avec elle, lui, eux.  Je t’aime, je ne t’aime plus, comment vas tu, tu es belle, tu ne me regardes plus, tu es à moi, pauvre con, épouse moi, reviens, tu me manques, je t’ai menti, j’ai peur, je ne suis pas d’accord, tu m’aimes ? Alors cours lui dire. ou meurs.

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J’dors pas

parce que c’est une perte de temps, parce que j’ai peur de mourir, parce que y’a trop de trucs à faire, parce que ya trop de gens bien à aimer, parce que je fais des cauchemars, parce que ya des redifs trop cool sur arte, parce que j’aime dessiner la nuit, parce que je pleure mieux, parce que ça voudrait dire que j’ai vraiment 40 ans, parce que je ne sais pas dormir seul, parce que j’aime manger des chips et du camembert à 3 du mat, parce que les carpenters, parce que je me sens coupable, parce que les vieux dorment moins et surtout parce que j’ai peur de lâcher prise.

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True Lies.

Et ça vous prend là, en bas du ventre. Pourquoi ? hein ? On ne demande rien. Et on demande tout, on veut du vrai et on a peur . La similitude, la répétition n’étonne plus, elle rassure. Puisque c’est ainsi que les choses se passent pourquoi lutter. C’est beau, parce que l’inaccessible devient le frère jumeau de l’héroïne, accro à la première seconde. Cramage assuré, mais il est indispensable de s’y jeter corps et âme, sinon vous vous consumez éternellement sans autre issue que la souffrance pure et dure. Le baptême du feu est là pour sceller cette aliénation, cette nécessité permanente d’être rassuré, suis je divin ? vivrais-je éternellement ?

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God and cigarettes

j’ai essayé une fois, j’avais dix ans j’écoutais la bo de fame que je m’étais fais offrir à mon anniv et des fois on écoutait aussi le spiderman de noam parce qu’on était pas encore vraiment des grands même si j’avais décidé d’arrêter les big jim et autres trucs de gamins… La fumée de la jps est rentrée dans mes poumons et j’ai su a ce moment là que jamais je ne fumerai quelque soient mes tentatives vaines pour m’intégrer au groupe. Je n’avais pas encore vu E.T. mais tout en moi transpirait le môme pas comme les autres, je veux dire pas comme les autres enfants de banlieue, peut être que si mon enfance s’était déroulée à paris j’aurais vécu une banalité banale… ça devenait de plus en plus dur de faire des cabanes et j’avais beau être amoureux de filles que je n’embrasserait jamais, rien ne me différenciait des autres en réalité, en apparence, et c’est, je vous le dit,  le nerf of the war. Ce qui me terrifiait dans l’alcool c’était la perte de contrôle, la peur de dire des kilomètres de conneries, d’être ridicule et peut être à la fin d’être… comme les autres, car quand on a ce qu’on a dans ce monde la différence devient une identité propre, une marque de fabrique, et si je la perdai en étant finalement un ado normal. Ce n’est pas arrivé, j’ai continué mon parcours de freak tout en me saoulant régulièrement pour oublier que la vie était le plus beau des cadeaux empoisonnés. Et quand le soleil se leve en été, qu’il est 5h30 que Paris est plus belle que jamais et que je viens d’embrasser une belle femme intelligente en écoutant oasis, je crois en dieu.. 2 secondes. puis je ris . LET THERE BE LOVE.

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Granada

je n’arrive pas à oublier cette partie de ma vie, si belle ou nous étions jeunes sans soucis avant que les fille ne meurent du cancer, surement à cause de je ne sait quelle expérience américaine ou la radiation emporta la plupart des trentenaires du sexe féminin, je me souviens si bien quand je volais les bd du libraire à moitié mongolien, des suées provoquées par la peur d’être surpris. De la statue de Franco qui trôna sur la place du village jusqu’à trop longtemps, des premières cigarettes qui restèrent les premières, du verano azul qu’on regardait sur la tv de l’hôtel de mon ami don le père était fasciste. je me souviens des mixtape avec el ultimo de la fila d’un cote et le groupe de morrissey de l’autre, je me souviens de ma première fois. je me souviens que j’ai mal de savoir que je ne pourrais jamais plus rire avec elle sans penser qu’il faudrait que je croit en dieu pour cela, je me souviens que j’ai aimé comme un fou  et que il ne me reste plus que des larmes. Je me souviens et ça, ça fait mal. je voudrais être ce poisson rouge.

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